La simplicité pour seule ambition PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Anne   
Lundi, 23 Juin 2008 15:19

Notre projet immobilier, nous l'avons rêvé depuis quelques années, mais la flambée de l'immobilier nous avait ôté tout espoir de le concrétiser un jour. Mais voilà, sans pourtant avoir amélioré nos revenus, nous avons l'opportunité de passer à l'acte. Forcément, de par notre formation, de par nos métiers respectifs - l'une conservatrice de réserve naturelle, l'autre chargé de mission au sein d'un parc naturel régional, et de par nos convictions, nous voulons une construction écologique. Et vu que cela fait des années que nous nous informons sur les différentes techniques en la matière, les idées fusent ! Mais une certitude est là, bien planté dans nos têtes et notre terrain, parmi la multitude de possibilités de construction écologique, notre maison sera en bois. Cependant, n'habitant pas dans une région à chalet en bois, et ayant sur place, dans notre village, un constructeur de maisons à ossature bois, nous avons choisi une ossature bois, et non pas une maison en madriers.

Ecologique

Bon, voilà déjà quelque chose de fait, mais à part ça, il y a encore plein de choix à faire. Bien sûr,elle sera bioclimatique, évidemment faite avec des matériaux sains, et nous ajoutons une contrainte : nous voulons du local, limiter au maximum les déplacements des matériaux et de la main-d'oeuvre, avoir un chantier "propre", peu énergivore également !

  • Parce que bioclimatique, la maison sera orientée plein sud ; pour limiter les échanges entre intérieur et extérieur - et donc réduire les déperditions de chaleur l'hiver et de fraîcheur l'été - sa forme se rapprochera du cube ; le nombre d'ouvertures sera au maximum au sud, aucune au nord ; et pour limiter la pénétration du soleil l'été mais la permettre l'hiver, une grande avancée de toit ou une pergola fera écran pare-soleil. Il serait déraisonnable de limiter l'architecture bioclimatique à ces quelques principes qui ne relèvent que du bon sens,poru ceuxqui veulent approfondir le sujet, lisez sans attendre les publications de Terre Vivante !
  • Parce que saine, pour l'isolation notre choix se porte sur des panneaux de fibre de bois de 15 cm d'épaisseur ; pour l'ossature, le constructeur nous explique qu'il est obligatoire d'utiliser du bois traité (la faute aux normes), l'architecte nous explique que le bois non traité pour la charpente est possible (coupé à la bonne lune), mais atteint des prix hors budget pour nous, donc la seule concession sera le bois de l'ossature. Pour ce qui est du bois pour le parement des murs en intérieur et en extérieur, il sera non traité. Etant donné que nous ne souhaitons pas que du bois dans notre intérieur, il y aura des enduits à la chaux sur certaines parois.
  • Pour un bilan du chantier en énergie grise faible, nous préférons des entreprises locales, c'est à dire ne pas sortir du département (Aveyron) voire des départements voisins (Lozère, Hérault). L'architecte est basé sur le département, le charpentier menuisier sur la commune, l'électricien vient de loin (Bretagne), mais c'est papounet, de la famille - quand il viendra bosser, il profitera de ses petits-enfants - et pour les autres corps de métier, i lfaut encore les sélectionner, mais ils seront au pire du canton. Idem pour les matériaux : le bois peut venir de Lozère, ce qui implique qu'il coûtera plus cher que du bois exotique (pour ce qui est des menuiseries) ; pour ce qui est du revêtement de sol au rez-de-chaussée, ce sera de la terre cuite, soit neuve et locale si on a les moyens (terres cuites de Raujolle) soit de la récupération (on épluche les petites annonces).

Economique

Le volet financier, voilà le nerf de la guerre ! Parce que notre budget est ce qu'il est, et surtout parce qu'il le restera : pas de possibilité d'ajuster à la fin du chantier pour régler les dernières notes. Nous avons au maximum 160 000 euros TTC pour le projet, coût de l'architecte compris, et pas un euro de plus. Sachant qu'en règle général, il faut compter en moyenne 1400 euros H.T. / m2 habitable, inutile de rêver à la maison de 150 m2 habitable et annexes de 50 m2. Dès la première réunion avec l'architecte, les choses sont claires : il faut tabler sur 80 m2 habitables. Si on veut plus, on peut toujours prévoir une extension plus tard. Pour faire des économies, nous aurions sans doute pu éviter de faire appel aux service d'un archi... sauf que nous ne sommes pas des professionnels du bâtiment, et que par conséquent, il y a un risque non négligeable quant au suivi du chantier si nous l'assurons. Bien sûr, on peut espérer qu'en faisant appel à d'honnêtes et excellents artisans, il n'y aura pas de souci... Mais est-ce que l'organisation, le ballet des différents corps de métiers sera aussi bien maîtrisé sans un architecte ? Une bonne organisation peut nous permettre d'emménager plus rapidement chez nous, ce qui nous fait économiser un peu de loyer. En outre, pour vivre actuellement dans une maison "neuve" de 10 ans seulement, dont le chantier de construction a été suivi par le propriétaire, boulanger de métier, nous sommes bien placés pour comprendre que des défauts peuvent s'accumuler rapidement et faire de la maison un gâchis. Nous faisons le choix de ne pas économiser sur le suivi, et de faire appel aux services de l'archi !

En outre, l'architecte va dessiner une forme simple et dimensionner la maison pour limiter au maximum le coût de la charpente et des cloisons. En effet, dessiner soi-même des plans de maison sans notion de construction en ossature bois, c'est risquer de payer très cher en bois et en main-d'oeuvre la moindre petite fantaisie architecturale ou le moindre décimètre de trop. Enfin, aux vues de ses premières propositions, l'architecte nous a apporté quelques idées et quelques astuces auxquelles nous n'aurions pas pensé, et qui nous apporteront plus de confort. Et notre confort n'a pas de prix. D'accord pour une petite maison, mais pas pour galérer à cause de quelques petits défauts de conception absurdes. Alors, vous vous demandez où nous faisons des économies ? Et bien dans le futur fonctionnement de notre habitation !

Pour un bilan en énergie et en ressources naturelles faible en fonctionnement,  nous souhaitons des toilettes sèches - a priori, on n'a rien inventer de mieux en matière d'économie en eau potable, et en plus on pourra amender notre jardin avec le compost - pour faire encore plus d'économie en eau, nous aimerions récupérer l'eau de pluie ; pour profiter d'une climatisation naturelle, nous espérons un puits canadien - c'est vrai que les maisons bois ne sont pas réputées pour leur forte inertie thermique et nous craignons de souffrir de la chaleur estivale - concernant le chauffage, ce sera du bois, avec si possible un poêle de masse qui consomme peu de matière, et permet de surcroît de mijoter de bon petits plats ; et pour ce qui est de l'électricité et de l'eau chaude sanitaire, nous aimerions au maximum du solaire. Si nous pouvons nous passer du nucléaire, ce ne serait pas plus mal. Avec tout ces équipements, dont certains sont en partie subventionnés (crédits d'impôts), nous réduions logiquement de manière significative nos factures de fuel (réduite à néant, celle-là ! un mois de salaire économisé tous les ans), d'électricité, de gaz, d'eau, et du confort en plus.

Rendez-vous donc à la fin de la première année de résidence dans la nouvelle maison (courant 2010) pour faire le bilan de ces économies.

Mis à jour le Lundi, 23 Juin 2008 21:30
 

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